Fabrice Piofret, acteur sur tous les fronts du numérique

Posted by in Non classé, Tiers-Lieux - Abidjan

Fabrice Piofret acteur Fabrice Piofret ne manque pas d’énergie, il est d’ailleurs passé maitre dans l’art de l’utiliser de manière fructueuse et innovante. Il déborde de projets et d’envies qu’il me présente lors de notre rencontre à la Maison Blanche.

Son parcours

Fabrice Piofret, s’est lancé dans la création du groupe Veilleur des Médias, après avoir passé 8 ans dans des sociétés de veille médias (Press Index puis Kantar Media News Intelligence). Fin 2015, il s’investit pour créer avec d’autres membres, la French Tech Abidjan. Il s’engage aussi aux côtés d’entrepreneurs, notamment la start-up LIFI LED Côte d’Ivoire, qu’il accompagne en stratégie et communication. Il est également enseignant à l’Institut Européen des Affaires, la première université privée d’Abidjan ayant un programme 100% français.

Veilleur des médias, voici l’entreprise qu’il a fondée à Abidjan en décembre 2013, où il en est l’actionnaire majoritaire pour garder son autonomie. La mission principale est de faire de la veille des médias en Afrique de l’Ouest, et permettre aux entreprises et institutions de piloter leur image médiatique à travers des prestations à forte valeur ajoutée. Très tôt chaque matin, ses clients savent ce qui a été dit à leur sujet, sur quel support, faire un review de la concurrence, etc.  Le dispositif est complété par des analyses médiatiques, aussi bien quantitatives que qualitatives, et de la veille digitale sur les réseaux sociaux.

 

Le leitmotiv de ses projets

Fabrice est acteur dans plusieurs projets, avec une mission globale : faire vivre l’innovation numérique et technologique du territoire Ivoirien, tout en créant des ponts avec la France.

  • La French Tech

Il est membre du comité pilotage et porte-parole des activités de la French Tech. Cette dernière a vu le jour le 31 janvier 2016 grâce à 9 co-fondateurs et 3 institutionnels : Business FranceBPI France, et le service économique de l’ambassade de France.

La vision principale est de relier des ponts entre l’écosystème du numérique Français et Ivoirien. Pour ce faire, de nombreuses activités de networking sont mises en place. En plus de mettre les acteurs en relation, la French Tech Abidjan propose des événements (afterwork, masterclass, concours) autour du numérique. Une autre de leur mission est d’aider les entreprises  françaises à s’installer en Côte d’Ivoire, en facilitant leur venue. La French Tech Abidjan va pouvoir partager son carnet d’adresse et les affranchir d’étapes obligatoires. Et cela va dans les deux sens, il y a aussi la volonté d’envoyer des entreprises Ivoiriennes en France. Il est tout aussi important d’avoir des IDE (investissement direct à l’étranger) de la Côte d’Ivoire vers la France. Pourtant cela ne représente que 5% contre 95% des IDE de la France vers la Côte d’Ivoire.

Après avoir identifié les acteurs de l’écosystème du numérique Ivoirien, la French Tech a décidé de faire un accompagnement par mentorat. De manière personnelle et personnalisée, un mentor choisit sa start-up et travaille à leur rythme, bénévolement.

 

  • Président de la Maison Blanche

La Maison Blanche est un espace de coworking fermé, qui s’est créé sous les besoins communs de plusieurs entreprises. Fabrice était en relation avec plusieurs entrepreneurs, et a réalisé qu’ils partageaient tous les mêmes besoins. Ces derniers étant: un service comptabilité, une amélioration de la qualité de vie de travail, visibilité des bureaux, salle de réunion, etc.

Il a donc insufflé la création de cette pépinière d’entreprises avec 3 autres entreprises : Italic, un cabinet indépendant en communication ; Endeleo Consulting, un cabinet de conseil en ressources humaines ; IDC, une société de production audiovisuelle.

Après avoir trouvé leur local, il restait un bureau de disponible. Les sollicitations furent nombreuses. Finalement, Fabrice décida de l’ouvrir à une start-up avec un loyer intéressant. Cette start-up, LIFI LED, avait besoin d’un cadre de travail professionnel pour lancer ses activités.

 

  • Mentor et accélérateur du projet LIFI LED

Il est ainsi devenu le mentor de LIFI LED, en apportant conseils stratégiques et accompagnement en communication. Il guide et épaule le fondateur, Ange Frederick Balma, ce qui se fait facilement vu qu’ils sont dans le même espace de travail.

LIFI LED est une innovation forte de sens, qui réinvente internet par la lumière ! Il y a plusieurs types de produits créant une véritable chaîne de valeur : du poteau lumineux fait à partir de recyclage de déchets plastiques jusqu’au panneau LED transmettant un signal Internet haut débit. Les avantages sont nombreux : pas d’ondes électromagnétiques, économie d’énergie, économie de coûts, connectivité wifi plus importante (+ 30%), plus de sécurité (le faisceau internet va jusqu’à 3 km autour du panneau), meilleur système de géolocalisation.
Cette solution permet d’apporter lumière et wifi en zones rurales. Avec un budget de 7500 euros, il est possible  d’équiper un village avec 4 poteaux lumineux et une borne connectée. Pour le futur, ils ont le projet de créer une usine de fabrication de LED en Côte d’ivoire, dans la région de Man. Pour ce faire,  un crowdfunding est actuellement en cours avec la plateforme freudon, où ils ont déjà levé plus d’un million et demi de dollars sur les 2 millions.

 

Un projet futur : le Hub Ivoire Valley, dit I-Valley

La structure de ce hub va se placer sous le joug de la French Tech Abidjan et de la Fondation Jeunesse Numérique dénommée « Smart Up ». Ce hub serait associé à un fonds d’investissements « I valley fund », une société par actions simplifiées. Pour ce faire il faut soulever des fonds, à hauteur de 300 000 euros.

L’accompagnement serait de 3 à 36 mois. Au bout de 36 mois, dès que la start-up devient autonome et démontre sa capacité à être viable économiquement, elle est destinée à prendre son envol. Il y a donc 4 étapes à suivre.

La première est le Pré-Fabriqué, une incubation de 3 mois dans l’espace de coworking le plus approprié. Le but est de former le porteur de projet (business plan, executive summary, attitude entrepreneur, empreinte digitale, mooc…). Un partenariat sera créé avec des institutions bancaires, pour faciliter les démarches de création de l’entreprise légalement. Cette étape est financée par « I valley fund« .

Puis, l’entrepreneur qui aura fait ses preuves, intègre  la Pépitière. Le porteur de projet peut donc légalement créer son entreprise avec un capital d’amorçage compris entre 5 et 10 millions FCFA. Le financement sera fait par « I valley fund« . L’accompagnement sera de 6 à 12 mois, au sein d’un local qui reste encore à trouver.

Si le business plan est avéré viable, il entrera dans une nouvelle phase, la Pépinière. Cet espace sera aussi disponible aux PME, et entreprises Françaises voulant s’installer en Côte d’Ivoire. Par contre, les locaux ne seront disponibles qu’un an, renouvelable une fois. 

Enfin, la boucle est amenée à être bouclée car les entrepreneurs seront invités à devenir à leur tour des mentors de l’I-Valley. 

 

Vision de l’avenir

Pour l’avenir, Fabrice aimerait créer le fond « I valley fund », et donc réussir sa recherche de fonds de 300 000 euros pour lancer le hub Ivoire Valley. De plus, il attache de l’importance à l’interconnexion des French Tech dans le monde. Il n’y a que deux French Tech labellisées sur le continent Africain, et une en cours à Dakar. La French Tech d’Abidjan est déjà en contact avec la French Tech de Bordeaux qui est venu les voir. De plus, il est en train de renforcer un partenariat avec la French Tech de Montréal.

Si d’autres veulent se lancer : des recommandations ?

« Si je dois donner des recommandations par rapport à mon parcours, je conseillerai à tout entrepreneur de passer par la case entreprise avant de se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat. Respecter des horaires de bureau, une hiérarchie, rendre des comptes… Car en tant qu’entrepreneur, il faudra non seulement appliquer ces fondamentaux mais surtout les dépasser… En effet, on ne comptera plus ses heures de travail ; on devra gérer une équipe et demander des résultats… 

Les actionnaires, les partenaires ne seront au rendez-vous que si nous travaillons en toute transparence. J’ai pour habitude de faire un point mensuel à mes actionnaires sur les activités de mon entreprise. J’invite régulièrement mes partenaires à déjeuner. J’envoie un bilan financier chaque six mois à mon conseiller bancaire. Tout cela, c’est donner de la confiance à son entourage. C’est s’astreindre à rendre des comptes, à piloter son action, à entretenir la vision que l’on a de son entreprise. »