Les Entretiens Européens & Eurafricains 2017, retour sur la deuxième journée d’échanges

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Le mardi 7 mars se tenait plusieurs tables rondes pour continuer d’alimenter les échanges des entretiens Européens & Eurafricains. Voici les retours de cette deuxième et dernière journée.

Bâtir des biens communs : le défi du numérique pour construire des services publics en partenariat avec le secteur privé (éducation, santé, argent)

Martine Benhaim, directrice du développement des partenariats EPF, école ingénieur-e-s
Elle explique qu’ils ont mis en place des fab lab dans les écoles pour tester le produit sur le marché et pouvoir le prototyper. Il est important de mettre en place du e-learning, et de l’auto-apprentissage (MOOC) pour un apprentissage plus complet.

 

Alexandre Maymat, directeur délégué Afrique, Asie, Méditerranée, Société Générale
Le réseau bancaire coûte cher en Afrique, cela coûte le même prix de faire vivre une banque en Afrique qu’en France. Notamment car l’essentiel des opérations sont en cash, la dématérialisation des paiements n’est pas encore arrivée en Afrique, c’est un processus lent. Il faut travailler sur les usages et sur la pédagogie pour inciter les clients à faire des opérations en ligne. Les avantages de la dématérialisation sont nombreux : faciliter le flux de paiement, diminuer le coût du cash, moins de risque de fraude, et de l’argent qui circule plus vite. Ce permettra également de mieux connaitre les revenus des acteurs du secteur informel.

Construire des filières dans les secteurs de l’agro-alimentaire, de l’eau et de l’énergie

Issouf Traore, administrateur de FASOL et d’ITALBRIK
Il y a un manque important sur la réglementation thermique en Afrique. On ne peut pas sauter des étapes et copier les réglementations européennes car ce ne sont pas les mêmes réalités. Pour lui il faut utiliser des méthodes de construction locale qui régule la température naturellement. Exemple: la brique locale.

Amadou Hama Maîga, professeur consultant en Ingénierie et Gestion de l’Eau et de l’Environnement
Le défi majeur d’aujourd’hui est d’investir. Il y a besoin d’infrastructures pour l’eau et l’assainissement. Il y a un potentiel hydro-électrique de 10% en Afrique. Par exemple, au Sénégal il y a une surface irrigable de 900 000 hectares et juste 45 000 est irrigué. Il met en exergue le fait que 40% de la dégradation des sols est due à l’élevage intensif.

Construire une industrie bancaire et assurantielle pour financer les projets et les PME/ETI

Jean-Luc Konan, fondateur et directeur de COFINA
Le context africain est en mutation. Il y a 3 phénomènes : relèvement du plafond, de nouveaux groupes régionaux s’implantent (les champions nationaux deviennent régionaux); émergence de nouveaux produits (crowdfunding ou crowdlending); digitalisation des services financiers (banques et télécom). Pourtant il y a les mêmes manques, car les PME n’ont accès qu’à moins de 6% des financements.

Daniel Demeulenaere, responsable afrique et partenariats BPIFrance
Les pouvoirs publics doivent accompagner les entreprise.Il faut un bon mécanisme de fonds de garantie pour permettre l’établissement de crédits. Ce qui fait la qualité d’un fond de garantie est une gouvernance indépendante et irréprochable. La méthode BPI est basée sur une approche qualitative des risques pour les banques. On questionne le porteur de projet sur son projet, l’environnement social, ses études, etc..

Jean-Michel Severino, président d’I&P
La faillite de certaines banques de développement est en lien avec la non transparence de la gouvernance, le crédit de ces banques passe souvent par des politiques qui ne remboursent pas. Il faut trouver des mécanismes de décision qui mettent à l’abris les banques de l’interventionnisme politique. Il est plus facile de préserver l’indépendance au niveau régional que national, pour moins dépendre du pouvoir politique national.

Bâtir une économie de la culture et donner sa place au cinéma

L’image est un outils incontournable qui prend son importance. l’industrie cinématographique peut être puissante, c’est la deuxième industrie au USA après l’armement. Les budgets sont difficiles à trouver, le Centre National de Cinématographie a un budget minime. Il est possible de passer par les chaines de TV qui vont acheter ou pré-acheter un projet. il est aussi important de cartographier les lieux culturels, comme le projet OUT MAP au Maroc qui identifie les structures artistiques, aidant à la mise en place et l’évolution de la politique culturelle nationale.